Jeudi 23 août 2007
A une époque où le « respect de la nature », l’ « écologie », le « bio » et le
« développement durable » sont presque devenus des termes marketing incitant à la vente de tout ce que vous voudrez (alors que l’écologie devrait être un but et non un moyen),
à l’heure où les enfants des citadins découvrent pour la première fois de leur vie des animaux au Salon de l’Agriculture de Paris, ce livre de Michel Ragon est celui de la fin d’un monde, celui
des paysans modernes.
A travers le destin de Grégoire et d’Antoine, deux frères, fils de paysan, qui décident de rester à la campagne mais dans deux voies différentes, il nous décrit
d’une manière implacable, très bien documentée mais jamais ennuyeuse, comment la technique a remplacé l’homme.
Avec la mécanisation des années 50, la terre française s’est dépeuplée et, perdant son influence sociale et électorale, le paysan d’aujourd’hui est tombé sous un
nouveau servage : celui des banques, des bureaucrates européens mais aussi celui des diktats des grands trusts alimentaires.
Remembrement rural, engrais chimiques, bœufs aux hormones, fièvre aphteuse, vache folle, culture hors-sol, élevage intensif, batteries d’élevage, quotas laitiers,
jachères, pénalités, agios, crédit agricole, vous comprendrez avec tristesse comment on en est arrivé à produire toujours plus pour gagner toujours moins.
A quand un grand roman qui parle, lui aussi, de la condition des marins-pêcheurs ?
Ce livre est édité aux éditions Le Livre de Poche au prix de 3,50 euros
Si vous ne le trouvez pas, commandez-le (sans frais supplémentaires) auprès de votre libraire (ISBN 9782253143659) qui vous fera aussi bénéficier de la Loi Lang sur
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