Mardi 19 juin 2007
Ce blog sur les livres aurait pu prendre un titre plus explicite mais ce sont les petits cailloux blancs du petit Poucet qui se sont naturellement imposés à mon esprit. Comme un retour à la maison, à l’enfance et à l’écriture.
La pierre et l’écrit ont toujours fait bon ménage dans l’histoire du livre, avec la lithographie notamment. De nos jours, les livres sont devenus de vulgaires
cailloux qui s’entassent sur les tables des librairies et que l’on jette au bout de 3 mois comme une denrée périssable. Pourtant, si le libraire voulait bien arrêter, un instant, de rouler
éternellement le même rocher sur la même pente, il mettrait fin à son supplice de Sisyphe. En prenant moins de distance ou de hauteur selon le cas, il découvrirait au milieu de son tas de
cailloux quelques pierres précieuses qui ne demandent qu’à luire dans les yeux de celui ou celle qui les lit.
Petits cailloux blancs que l’on sème derrière soi pour retrouver son chemin ou indiquer la voie, galets qui ricochent sur la masse immobile de l’eau, gravillons
qu’on lance sur les volets des amoureuses pour attirer leur attention, cailloux de la révolte qui volent dans les airs, les livres sont tout cela à la fois.
Je pense tout particulièrement à mon grand-père, Paul Allegret, qui m’a donné le goût de la lecture et des livres. Autodidacte, il dévorait les livres, les reliait
et cultivait aussi son jardin. Inlassablement, il le dépierrait et, parfois, mettait de côté une pierre de forme ou de couleur singulière qu’il me confiait.
Aujourd’hui, grâce à mon ami Sergepassions que je remercie pour l’habillage de ce blog, je continue la route de mon grand-père. Pierre après pierre.
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