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"Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches." Charles Perrault
Lundi 31 mars 2008

Publié en 1958, ce livre de Gilbert Cesbron (édition hors commerce réservée aux membres de la Guilde du Livre, Suisse) recueille sur 238 pages bon nombre d'aphorismes et pensées que n'aurait pas reniés Clemenceau.

"On s'aperçoit qu'on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres".

"Tous ces gens qui n'ont pas de talent, que deviendraient-ils s'il n'existait pas tous ces gens qui n'ont pas de goût?"

"Vendre sa firme à une firme étrangère, et mourir pour la patrie sont pareillement dans la tradition bourgeoise française".

"La malédiction des Riches est qu'ils ne connaîtront jamais ce qui n'a pas de prix".

"OPERA et OUVRIER viennent du même mot".

"Dans les villes, les gens en une seconde se détestent, en une seconde l'oublient. Dans les campagnes, ils mettent dix ans à construire une belle haine qui ne s'effacera de toute leur vie".



par Corso ajouter un commentaire commentaires (0)    publié dans : Livres épuisés
Mardi 25 septembre 2007


La lecture du n°23 de mars 1938 de la brochure "Bibliothèque de Travail", sous la direction d'Alfred Carlier nous apprend des choses très intéressantes sur le métier de libraire:

Au XVIIe siècle, comme aux siècles précédents, les libraires, assimilés aux éditeurs actuels, forment, avec les imprimeurs et les relieurs, une seule et même corporation, sous le patronage de Saint-Jean-Porte-Latine.
 
Cependant, les libraires possèdent des statuts corporatifs spéciaux, réunis et publiés en 1678. Il faut accomplir un apprentissage de cinq ans et payer la somme de vingt-quatre livres pour être reçu libraire, ce qui ne peut se faire avant l’âge de vingt ans révolus. Toutefois, si le récipiendaire est le gendre d’un libraire ou d’un imprimeur en exercice, il est exonéré du paiement des vingt-quatre livres.
 
La mise en vente d’un livre non privilégié, c’est-à-dire non examiné par les autorités de l’Université, entraîne la confiscation de l’édition et une amende de 3000 livres. Le libraire ne peut être en même temps imprimeur, tandis que l’imprimeur a le droit d’être son propre libraire. Les privilèges sont les mêmes pour les deux corps de métier. En qualité de suppôt de l’Université, le port de l’épée leur est autorisé.
 

par Corso ajouter un commentaire commentaires (3)    publié dans : Livres épuisés
Lundi 30 juillet 2007
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« La banlieue se meurt, la banlieue est morte sous nos yeux. On ne parle plus guère d’elle qu’à la rubrique des faits divers ou dans les bilans des promoteurs (…) Des sentinelles de béton encercleront quelques « réserves » naturelles, les forêts de Compiègne, de Chantilly, de Fontainebleau, lesquelles serviront de dimanche mais aussi de décharge aux gens de la ville. Nos petits-enfants diront si j’ai tort » écrivait Gilbert Cesbron dans le texte liminaire de « La ville couronnée d’épines » en 1974.
 
Né le 13 janvier 1913 à Paris et décédé en août 1979, cet ancien élève de l’Ecole des Sciences Politiques a été l’écrivain le plus lu de sa génération, à l’instar de Guy des Cars ou de Bernard Clavel dont il était l’ami et qui s’est inspiré de lui pour écrire « Les Roses de Verdun ».
 
Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique, ses romans sociaux se sont toujours attaqués à l’actualité : les prêtres ouvriers (Les saints vont en enfer, 1952), la jeunesse délinquante (Chiens perdus sans collier, 1954), l’euthanasie (Il est plus tard que tu ne le penses, 1958), la violence (Entre chiens et loups, 1962), la place de la femme dans la société (Une abeille contre la vitre, 1964), les enfants de divorcés (C’est Mozart qu’on assassine, 1966) ou encore la place des Africains dans la société française (Je suis mal dans ta peau, 1969).
 
Adapté plusieurs fois au cinéma, il était aussi devenu très célèbre avec sa pièce de théâtre « Il est minuit, docteur Schweitzer ».
 
Dans ce recueil de 15 nouvelles, Gilbert Cesbron s’attache à nous dépeindre avec tendresse des instants de la vie parfois douloureuse de ces banlieusards de toutes générations : Gérard prisonnier de son petit univers d’asphalte et de flippers qui, sur sa moto, se saoule de vitesse, Hervé le petit garçon de Fremigny qui fugue sur le chantier de l’autoroute en construction, la veuve Denis patronne de l’Escargot-d’Or, Maurice R. qui se trompe de gare de descente dans le brouillard et revit l'aventure du Grand Meaulnes ou encore les amoureux de l’hôpital de Garches.
 
« Adieu donc, enfants de mon cœur ! » concluait Gilbert Cesbron à la fin de ses romans, quittant à regret ses personnages. « Adieu donc, Gilbert Cesbron de mon cœur ! », ai-je envie de dire en hommage. Un jour viendra où tous tes livres seront enfin réédités en intégrale. Ce jour-là, les petits-enfants de tes premiers lecteurs découvriront comme tu savais sonder l’âme humaine et comme tu avais raison.
 
 
par Corso ajouter un commentaire commentaires (1)    publié dans : Livres épuisés
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