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"Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches." Charles Perrault

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 17:51

 

Cette photo, prise en juillet 2009 par Stéphanie, a été publiée dans le n°71 de Pays de Normandie (Hiver 2010-2011). Capturée par un appareil photo numérique, elle n'a pas été retouchée.

 

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Published by Corso - dans Images
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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 09:00

 

« Arizona Dream » d’Emir Kusturica m’avait bouleversé à sa sortie. Je découvrais qu’on pouvait écrire une histoire hors des sentiers battus, remplie d’émotions, portée par un jeu d’acteurs hors-norme et une musique onirique.

 

J’avais depuis longtemps l’envie d’écrire autre chose que des gags. La BD réaliste et « émotionnelle » dont Frank Pé (avec « Broussaille ») et Dieter (avec « Julien Boisvert ») étaient les meilleurs représentants, me touchait profondément. La BD émotionnelle est ce courant où le personnage principal évolue intérieurement au fil de ses aventures, ne sortant jamais indemne de son vécu. Presque la résilience si chère à Boris Cyrulnik… J’avais soumis mes premiers écrits à Dieter et Frank Giroud qui m’avaient gentiment lu et conseillé. Je me sentais prêt…

 

Jean-Jacques Fouillard m’avait fait découvrir l’Australie, pays que j’appréciais aussi à travers les musiques d’INXS et Midnight Oil. Je me lançais dans l’écriture de mon premier album de 46 planches : « Aborigine », premier volume d’un cycle de 3 albums. L’histoire était celle de Joe Bloke, un métis aborigène, conducteur de road-train, qui allait devoir trouver sa place, son camp dans la société moderne.

 

A grand renfort de publicité, les éditions Dargaud lançaient la deuxième édition de leur Prix du scénario avec le Festival BD Boum de Blois. J’envoyais mon dossier : un synopsis de 3 pages et le découpage des 3 premières planches.

 

Le jury était composé de scénaristes professionnels de BD : Jean Van Hamme, Serge Le Tendre, Jean-Pierre Autheman, Didier Convard, Dieter et Rodolphe. Le dossier était présenté de manière anonyme.

 

Le soir du 19 novembre, Franck Fernandez, de BD Boum me téléphona. J’étais le lauréat de concours de scénario.

 

Le vendredi 26 novembre, je prenais le train pour Blois et la remise des prix. Etudiant et sans un sou d’avance, mon grand-père m’avait donné de l’argent pour payer mon billet et mes frais. Le train était omnibus et s’arrêtait dans toutes les gares : 8 heures de voyage ! A une gare, je vis monter un dessinateur que je reconnus. A Saint-Pierre-des-Corps, j’osais l’accoster et je finis ainsi le reste du voyage avec Eric Stalner.

 

Je découvris Blois et son Château, ses vieilles rues, le froid et l’humidité du mois de novembre, Jack Lang dans un cocktail, dînais dans la grande salle de réception, buvais des bières dans les pubs avec les organisateurs très chaleureux. Eric Stalner n’était jamais bien loin, ayant compris que j’étais un peu perdu au milieu de toute la profession.

 

Le samedi 27 novembre eut lieu la remise des prix sur un podium dans le salon, en présence du directeur éditorial des éditions Dargaud. Je rencontrais aussi l’ancien lauréat dont l’album n’était jamais paru, le journaliste qui avait couvert Angoulême en 1992, Lesca et tant d’autres…

 

Dans la « Nouvelle République du Centre-Ouest » du 29 novembre 1993, Dieter déclara que parmi une centaine de textes reçus mon texte alliait l’avantage de « raconter un personnage vrai » à de « l’émotion contenue ».

 

Un communiqué AFP ayant été publié, lorsque je rentrais chez moi, tout le monde était au courant : j’allais publier un album chez Dargaud et toucher 20 000 Francs.

 

Je signais un contrat d’option sur mon scénario en janvier 1994, touchais 20 000 F d’à-valoir en mars 1994 et mon album ne sortit jamais. Dargaud ne me présenta aucun dessinateur et refusa ceux que je leur soumis. Je finis par retrouver mes droits sur le scénario à l’extinction du contrat en 1995.

 

Je ne suis revenu à Blois qu’en été 2007, comme simple touriste. Toute émotion était partie…

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 09:00


Le contrat-type prévoit que l'auteur touche 8% de droits sur le prix de vente
de 1 à 10 000 exemplaires vendus.

Source: Magazine Lire, avril 2010.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 09:00


445,4 millions d'exemplaires

Sources : SNE, enquête de branche, échantillon 2007 (294 éditeurs).

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 09:00


594 600 références

Source : OEL, interrogation base Electre.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 09:00


8691 exemplaires

Source : SNE, enquête de branche, échantillon 2007 (294 editeurs)

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 13:59


69 658 titres

Source : BnF, entrées au Dépôt légal Livres

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 09:00

 

En cette dernière décennie du vingtième siècle, il en allait des fanzines et des concours BD comme des sites communautaires aujourd’hui. Les couples scénaristes/dessinateurs se formaient et se séparaient au gré des rencontres et des envies.

 

J’avais correspondu en 1991 avec Vang Ye, un jeune dessinateur stéphanois, et nous avions décidé de plancher sur le premier concours national de strips organisé par le Salon d’Angoulême pour 1992. Il fallait présenter un dossier avec une sélection de 20 strips en noir et blanc. Le travail se fit facilement, par courrier et téléphone, malgré la barrière de la langue et de la distance géographique.

 

Le Salon eut lieu du 23 au 26 janvier 1992 sans qu’on nous contacte. Nous avions abandonné tout espoir de prix. Ce n’est que le lundi que mon téléphone sonna. Un journaliste m’apprit que nous avions remporté le concours national de strips ! Nos strips avaient fait l’objet d’une exposition et d’une affiche à Angoulême et on devait nous remettre un trophée (prévu dans le règlement du concours). Renseignements pris auprès d’Angoulême, c’était le grand cafouillage… Un coup il y avait bien un trophée qu’on devait nous envoyer, un coup il avait été remis au 2e de concours comme nous n’étions pas là et un coup il n’y avait pas de trophée !

 

Nos strips furent exposés du 23 mars au 17 avril 1992 au Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale à Paris. Ils furent publiés durant 3 mois quotidiennement dans plusieurs grands quotidiens régionaux (La Charente Libre, La République des Pyrénées, L’Eclair Pyrénées…) et nous permirent de gagner 15 000 F. Ces strips nous ouvrirent la porte de nombreux fanzines.

 

Nous n’avons jamais su ce qu’était devenu notre trophée. Des années plus tard, lors des 30 ans des éditions Glénat à Grenoble, j’ai rencontré Eric Dérian, malchanceux participant à ce concours avec son Lapin Turalo. Avec beaucoup d’humour, il m’a avoué avoir longtemps maudit ses lauréats…

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 09:00

 

La ligne éditoriale du fanzine Bedextra ne nous convenait plus. Nous voulions casser les codes établis, faire autre chose. Alfred et moi avons donc décidé de créer notre propre fanzine. Un graffiti sur un mur de mon lycée m’avait inspiré le nom de « Scalp ! » (avec un point d’exclamation) qui n’avait aucun rapport avec la BD mais sonnait bien !

 

Nous avions comme matériel plusieurs planches de jeunes auteurs rencontrés au gré des salons et festivals BD, nos propres productions, des interviews d’auteurs professionnels en réserve et le culot de frapper aux portes des professionnels. Scalp ! prenait forme…

 

Alfred en dessina le premier logo. Nous passions des nuits blanches à modifier la maquette, taper les textes sur ma machine à écrire portable, couper, découper, coller, photocopier, trouver le bon grammage de papier couché pour la couverture, débloquer les bourrages papier et changer le toner de la photocopieuse, agrafer à l’envers un à un tous les exemplaires du fanzine et replier les agrafes à la main ! Scalp n°1 fut terminé dans la joie et la fatigue au petit matin du samedi 19 octobre 1991 au théâtre 145 de Grenoble. Après quelques heures de sommeil, nous montions dans la voiture de Fouillard (avec son chien Thorgal qui tenait toute la place d'Alfred à l'arrière) pour Chambéry et son Festival International de la BD à SavoiExpo.

 

Scalp!

 

 Au sommaire de Scalp ! n°1 :

Couverture inédite de Christian Binet avec ses Bidochon scalpés

Edito de Serge Papagalli

3 planches de Georges Crisci

Interview de Raoul Cauvin (5 pages) par l’ex-équipe de Bedextra

2 planches de Vang Ye et Hocine Soltane : « Vandalisme »

OVNI (Onomatopées Vignettes News Indiscrétions), rubrique de 2 pages par Cibi

1 page vierge pour la dédicace en salon

Billet d’humeur de Numa Sadoul : « Caméléon »

4 planches de R.G.B. : « Traucum Mortalis 2 »

Interview de Christian Binet (3 pages) par Papagalli & Cibi

2 demi-planches de Fouillard

4 planches de Derynck : « Bavure »

NAS’A (Nouveautés A S’Acheter), rubrique de 2 pages par Cibi

Les sons de l’été, rubrique musique d’Olivier D.

2 planches de Charvet : « P.O.U.A.H. »

3 planches de Maxime : « Basket Barbare »

Interview de Zep (2 pages) par Maxime

3 strips de Vang Ye et Cibi

NAPALM (Nouveautés A Paraître A La Minute), rubrique d’une page par Cibi

1 planche de Fouillard et Cibi : « Martin Duflair »

L’Ours

Couverture inédite de Zep en dernière page tête-bêche

… ainsi qu’un supplément sur papier bleu, format A5 encarté : « Tout ce qu’il faut savoir sur Scalp ! ».

 

Je me rappelle que nous avions très bien vendu ce premier numéro tiré à une centaine d’exemplaires photocopiés et que les dédicaces en page 16 étaient nombreuses. Alfred faisait un dessin et je complétais par une bulle humoristique écrite sur le vif. Si un collectionneur fou en possédait un exemplaire, entre ses mains moites et fébriles, je serais curieux d’en avoir un scan !

 

Le festival se déroula très bien pour nous : Michel Plessix et Dieter nous accordèrent une interview, tout comme Frank Giroud et Lax. Nous répartîmes chez nous avec une pile assez conséquente de BD (38,5 cm de hauteur, on a mesuré !), de nombreuses dédicaces dont celle du regretté Bob de Moor et des souvenirs plein la tête…

 

 

Scalp-2.jpg

 

Couverture de Scalp! n°2 (dernier numéro paru en 1992).

 

Scalp-2verso.jpg

 

4e de couverture de Scalp! n°2


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 09:00

 

Dedicace-Alfred.jpg


Celui qui ne s’appelait pas encore Alfred était venu au 2e Salon Européen de la BD de Grenoble et avait présenté ses planches au prozine « Bulles Dingues » qui me les avait transmises pour Bedextra. A 15 ans, il avait déjà un sacré coup de crayon et une production conséquente derrière lui.

 

Nous habitions à une trentaine de kilomètres l’un de l’autre. Je lui avais écrit et, un soir de mars 1991, je me revois encore tirer le vieux téléphone gris à cadran jusqu’à la table de la cuisine pour lui téléphoner. Ne vivant que pour notre passion de la BD, nous nous sommes tout de suite très bien entendu et sommes vite devenus inséparables. On se voyait plusieurs fois par semaine à Grenoble ou à Voiron, on s’écrivait et on se téléphonait longuement si bien que ses parents avaient été obligés d’installer le signal d’appel sur leur ligne pour recevoir leurs appels (pardon Serge et Christiane) !

 

Je travaillais déjà dans un magasin dont je m’occupais du rayon BD et lui était encore collégien. Il avait déjà ce potentiel et cette fougue auxquels j’ai toujours cru contre l’avis de certains « professionnels » de l’époque. Une de ses premières « commandes » fut un dessin pour illustrer les tarifs d’un présentoir de cartes postales. Le magasin a depuis fermé mais j’ai toujours gardé ce petit bout de carton…

 

Nous fréquentions assidûment les librairies BD, bouquinistes et brocantes de notre région à la recherche des trésors qui manquaient à nos collections. Quand la faim se faisait sentir, on s’arrêterait alors au Quick de la Place Grenette, décoré de reproductions BD, pour commander des Giants et discuter longuement et passionnément.

 

Entre deux rigolades, on parlait BD. Nous étions dans une quête d’assimilation du monde de la BD dans tout son ensemble. Notre regard critique ne s’arrêtait pas à décortiquer les albums publiés, scénario et dessin compris, mais à comprendre les écoles, les filiations et l’évolution du médium BD. On imaginait des concepts de construction, de narration et on se projetait souvent dans l’avenir. Publier chez Delcourt était déjà un de ses plus chers désirs. J’avais créé un personnage du nom d’Alfred J.Guers que j’animais dans de courtes nouvelles humoristiques sous le pseudonyme de Cibi. Ce prénom lui plaisait beaucoup. Ce n’est qu’en 2004 que j’ai découvert qu’inconsciemment j’avais utilisé le prénom de mon arrière-grand-père.

 

Je disais à Alfred qu’un jour j’écrirais sa biographie, promesse que je tiens aujourd’hui avec cette chronique nostalgique…

 

Parmi les nombreuses planches que nous avons créées ensemble, publiées ou non, je retiens surtout le personnage d’Yvand (dont le nom est la contraction de YVes ChalAND) où Alfred pouvait exprimer sa sensibilité, dans des strips entre rire et larmes.

 

C'est en 1995, dans le n°7 du fanzine BOF?!, qu'il signa pour la première fois du nom d'Alfred une BD de 22 planches sur un de mes scénarios, PCV pour l'enfer.

 

PCV.jpg

 

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