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"Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches." Charles Perrault

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 09:00

 

En 1989, Pierre Pascal qui a quitté la direction du Salon International de la BD d’Angoulême, crée le 1er Salon Européen de la BD de Grenoble qui se tient à Alpexpo du 16 au 19 mars. C’est un événement national et Angoulême tremble devant les panneaux publicitaires achetés jusque devant ses portes. A Grenoble seront présents tous les grands auteurs français, belges, européens et même internationaux avec Alan Moore et Katsuhiro Otomo.

 

Ayant été primé 15e au concours scolaire (13-16 ans) avec 2 planches de scénario pour Jean-Pierre Boutherin, je me vois convoqué par l’administration de mon collège… pour recevoir un lot d’albums Dupuis et Glénat ainsi que les remerciements de l’établissement ! Entré en contact avec les organisateurs du Salon, je reçois de nombreux rouleaux d’affiches et je parcours tous les commerçants de la ville pour placarder les belles affiches d’Hugo Pratt, Lewis Trondheim, Tranchand et autres dessinateurs annonçant l’événement.

 

C’est bien de coller des affiches, de faire dédicacer ses albums préférés par les auteurs Dupuis venus en masse mais j’ai envie de m’impliquer un peu plus…

 

Tout juste lycéen, je fais sauter les cours du jeudi 29 mars au dimanche 1er avril 1990 pour tenir le stand du fanzine Bedextra sur le 2e Salon Européen de la BD de Grenoble.

Les fanzines sont relégués au fond d’Alpexpo mais nous avons un badge d’exposants qui, non sans fierté, nous permet d’accéder aux moindres recoins professionnels du Salon.

Je découvre le calvaire de me lever tôt le matin mais aussi la joie de monter et de tenir un stand de A à Z. Les ventes ne sont pas mirobolantes : quelques exemplaires du fanzine Bedextra et quelques recueils de gags de « Martin Duflair » avec Fouillard estampillés « Bedextra Productions ». Mais qu’importe ! On a beau manger des sandwiches, on est au cœur de l’événement. On rencontre d’autres fanzines, d’autres dessinateurs amateurs et on fait notre première télé !

 

Raoul Cauvin, avec qui j’avais pris contact par courrier avant le Salon, passe nous voir sur notre petit stand. Un bel exemple d’humilité et de respect de son public pour le très grand scénariste qu’il est déjà. Il nous accordera une passionnante interview au cœur des locaux du stand Dupuis, ne se privant pas de dessins et de dédicaces pour notre plus grand plaisir. Nous y rencontrerons aussi Frank Pé dont le talent explose avec le tome 3 de sa série Broussaille : « La Nuit du Chat ». Il nous accordera lui aussi une interview et nous réalisera une superbe couverture dont il nous offre l’original. Nous aurons aussi la chance de rencontrer le grand Bob de Moor pour une courte interview restée à ce jour inédite.

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 12:00

 

En septembre 1989 parut le premier numéro de « Bedextra » sous-titré « Le fanzine de ceux qui aiment la B.D. ». Composé de 16 pages photocopiées en noir & blanc, format A5, il était vendu 10 Francs et tiré à une cinquantaine d’exemplaires.

 

Bedextra1.jpg

 

Pierre Charvet s’occupait de la ligne éditoriale, très influencée par Gotlib, de tous les dessins et BD ainsi que de la fabrication. Sous le pseudonyme de Cibi, je réalisais 6 planches de scénarios pour Charvet, rédigeais les rubriques « Que font les correcteurs ? » et « Indices Crayons ou les indiscrétions de la B.D. » tapées à la machine à écrire ainsi que, déjà, la distribution du fanzine en librairie. Habitant dans deux départements différents, toute la création du fanzine se réalisait entre nous par téléphone ou photocopies envoyées par courrier.

 

Bedextra2.jpg


Le n°2 parut en décembre 1989 augmenté de 4 pages. J’y réalisais les mêmes rubriques, plus un dossier hommage à Jean-Michel Charlier de 5 pages, ainsi que 3 pages ½ de scénarios, pour Charvet et Fouillard, nouvel arrivant.

 

Bedextra3.jpg

 

Le n°3 estampillé « avril 1990 » parut en fait pour le 2e Salon Européen de la BD de Grenoble où nous avions un stand dans l’espace fanzines, du 29 mars au 1er avril 1990. Sous-titré « à lire sans modération » le fanzine faisait désormais 24 pages et affichait une interview exclusive d’Henri Vernes, créateur de Bob Morane. Janry, dessinateur de Spirou, nous avait aussi accordé une mini interview. En plus des rubriques habituelles, je réalisais les 3 pages d’interview par correspondance avec Henri Vernes et 7 pages ½ de scénarios pour Charvet, Fouillard et Maxime.

 

Notre présence au Salon de la BD de Grenoble nous avait permis de rencontrer et d’interviewer de nombreux auteurs de BD : Frank Pé, Raoul Cauvin, Bob de Moor… Maintenant sous-titré « Le fanzine plus mieux bien », Bedextra n°4 faisait 32 pages et arborait une superbe couverture de chat réalisée spécialement pour nous par Frank Pé.

 

Bedextra4.jpg

 

Ce dernier numéro est aujourd’hui le plus recherché car on y trouve une des premières interviews de Zep ainsi que « La bouée gonflable à long cou », les 2 premières planches d’un jeune auteur de 16 ans plus connu aujourd’hui sous le nom d’Alfred.

 

En plus des rubriques habituelles, je réalisais l’interview de 3 pages de Frank Pé avec l’équipe de Bedextra, ainsi que « D.C.A. 1990 », je trouvais le nom du supplément « Tapage Nocturne » et écrivais 3 pages de scénarios pour Maxime et Fouillard.

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 12:00

 

En juin 1988, l’association « Montauban sur BD » organisait un concours national de BD sur le thème imposé « 92 11 81 66 ». Sous le pseudonyme de Cibi, avec Pierre Charvet, nous avions présenté un gag en une planche dont le personnage principal était un pompier. A cette époque, Raoul Cauvin scénarisait plusieurs corps de métiers, sauf les pompiers. En cela, nous devancions de 3 ans Sergio Aragonès et ses « Piépons » et de 15 ans les « Pompiers » de Stédo et Cazenove !

 

Le 2ème Prix de la catégorie « 12 à 16 ans » nous fut décerné. Les 2000 Francs de récompense nous passèrent sous le nez mais nous fûmes publiés dans le recueil des lauréats. Pour la petite anecdote, le 1er Prix était Romain Dutreix, aujourd’hui auteur chez Fluide Glacial.

 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 12:00

La découverte des séries des éditions Dupuis à travers Spirou Magazine fut pour moi le début de ma passion pour les nombreuses séries humoristiques de Raoul Cauvin. C’est la lecture de ses « Tuniques Bleues » qui m’a donné envie d’écrire des BD. Ma première création, scénario et dessin, s’appelait d’ailleurs …« Cow-Boy » ! Un feutre rouge me servait à colorier le sang qui coulait dans les scènes de batailles. Ne restent que les souvenirs car je n’ai pas gardé ces quelques planches.

 

Je savais déjà taper à la machine depuis l’âge de onze ans (avec deux doigts comme les fonctionnaires et les policiers). A treize ans, mon grand-père m’offrit pour Noël une machine à écrire portable Olympia à ruban encreur rouge et noir. J’écrivais des mini romans dans la lignée de mes lectures de la Bibliothèque Rose et Verte. C’est certainement avec cette machine que j’ai envoyé une lettre à la rubrique « Cher Spirou… » de mon hebdomadaire préféré en 1987 pour trouver des dessinateurs amateurs. Ils s’appelaient Bruno Scheurer, Jean-Jacques Fouillard et Pierre Charvet…

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 12:00

 

Quand j’avais une dizaine d’années, un bouquiniste a ouvert ses portes dans ma ville. Nous en avions été informés par une annonce ou un tract publicitaire. Accompagné de ma grand-mère, nous lui avions amené de pleins sacs de livres et de revues pour la jeunesse qu’il nous avait achetés. Vingt-cinq ans plus tard, je ne sais plus si je lui ai plus vendu ou acheté des livres ! Mais je pense qu’il est comme moi assez fier de savoir qu’un enfant entré dans sa boutique soit devenu adulte libraire. Grâce à lui qui n’a rien changé à sa boutique et à sa philosophie, je peux toujours pousser la porte de son magasin et retourner en enfance !

 

Les antres des bouquinistes sont depuis ce jour, comme les librairies, des lieux de tentations et de perdition pour moi. Je me rappelle très bien le jour où le bouquiniste mit en vente un lot de Spirou magazines. Ils trônaient sur les marches en bois de son escalier intérieur, en nombreux paquets ficelés par des cordelettes. Il y avait bien plusieurs centaines de Spirou. J’ai payé en plusieurs fois et que j’ai fait plusieurs voyages à pied pour tout emporter ! 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 20:39

 

Bien souvent, les lecteurs devenus adultes oublient l’enfant lecteur qu’ils étaient. Ils portent parfois un regard honteux ou condescendant sur ce qui les passionnait alors…

 

Je garde un très vif souvenir des albums qui sont à l’origine de ma passion pour la BD. Au fond du cagibi de mes grands-parents s’entassaient quelques BD usées jusqu’à la corde de la reliure à force d’être lues et relues, passées entre les mains de plusieurs générations de lecteurs. A cette époque, les albums n’étaient pas encore un objet de collection mais un moment de bonheur. On se souciait bien peu de leur conservation et de leur état tant que le plaisir était là.

 

Parmi ces albums, il y avait deux Tintin : « Le Lotus Bleu » et « Le Crabe aux Pinces d’or ». Dès lors, je n’eus cesse de suivre les aventures de Tintin et de compléter ma collection. Chaque album était une récompense qu’on m’offrait. Je me rappelle encore de cette petite librairie aujourd’hui disparue : assez sombre et avec son vieux plancher de bois. Mais en mars 1983, Hergé disparut et, du haut de mes dix ans, je vécus l’annonce télévisuelle de sa mort comme un drame en me cachant dans ma chambre pour pleurer.

 

Je me rappelle aussi des « Pieds Nickelés » de Pellos, albums bicolores souples de la S.P.E. dont le prix était marqué en Francs sur la couverture. Un jour, j’ai découpé les cases d’une de leurs aventures pour en composer une autre tant ces personnages me plaisaient. Sans le savoir, je m’initiais au découpage…

 

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 21:41

 


 

J'ai de nombreux points communs avec Leslie Plée : j'ai des lunettes, j'ai fait un IUT Métiers du Livre et j'ai travaillé dans une « grande surface culturelle » où, moi aussi, « j'ai cru devenir libraire ».

 

J'ai bien connu ces fermetures à 20h, ces samedis et jours fériés travaillés, cette absence de tickets restau, ces interminables transports en commun en banlieue.

 

J'ai bien connu aussi ce décalage entre l'idée que l'on se fait en rêves du métier de libraire, l'enseignement à l'IUT (on nous avait pourtant prévenus !) et la lourde désillusion face à la dure réalité du métier exercé dans ces conditions : gérer seul plusieurs rayons (syndrome Shiva), être polyvalent (syndrome du smicard), pallier au manque flagrant de personnel (syndrome Martin Eden) et répondre avec calme aux demandes les plus incongrues des clients (syndrome Freud).

 

On en parlait entre nous au boulot, j'en parlais en famille, je me bouffais littéralement les ongles (et intérieurement les boyaux) mais je n'ai pas eu le courage de démissionner comme l'a fait superbement Leslie.

 

Cette BD pleine d'humour, au trait proche de Dupuy & Berbérian, n'est pas un dérivé éditorial surfant sur la vague des blogs (à qui l'on doit sa découverte) ou un simple « private joke » à destination unique des libraires. Ces derniers étant en voie de disparition, l'éditeur de « La Fabrique du Crétin » aurait du mal à épuiser le tirage en misant juste sur eux !

 

Cette BD est une analyse lucide du monde du travail à notre époque, en France, et avant la crise ! On devrait l'offrir à tous ses ami(e)s libraires (j'ai déjà acheté le mien, merci), bibliothécaires, étudiants en IUT, en écoles de commerce, travailleurs smicards, à temps partiel, précaires, RMIstes ou chômeurs pour qu'ils ne désespèrent pas : avec de l'humour et du recul, on s'en sort toujours.

 

On devrait aussi l'envoyer à tous ces petits chefs, sous-chefs et (mauvais) managers qui se croient si puissants. L'image qu'ils nous offrent n'est pas aussi belle que celle qu'ils voient dans leur miroir en se rasant le matin.

 

Outre l'implantation commerciale en vitrine, têtes de gondoles, caisses, je préconise les rayons suivants : BD, Humour, Orientation professionnelle, Management, Psychologie du travail (à côté du « Harcèlement moral » de Hirigoyen) et Témoignages.

 

Félicitations Leslie, j'espère bien te faire la bise au Salon du Livre de Paris (si ton « chaton » n'est pas trop jaloux). Tu y es invitée en tant qu'auteur et c'est mérité ! Sois sympa avec les libraires qui y travaillent, comme toi, ils ne rêvent que d'évasion.

 

 

Ce livre est édité aux éditions Jean-Claude Gawsewitch (Distribution Sodis) au prix de 15 euros

Si vous ne le trouvez pas, commandez-le (sans frais supplémentaires) auprès de votre libraire (ISBN 9782350131573) qui vous fera aussi bénéficier de la Loi Lang sur le prix unique du livre (5% de remise immédiate en caisse ou sur carte de fidélité).

 

 

 

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 14:26

Parfois, l'art naît de la juxtaposition d'objets insolites.

L'humour aussi.



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Published by Corso - dans Curiosités
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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 21:05


Bien peu de gens le savent mais, le livre n'est pas un "produit" comme les autres. Contrairement aux petits pois en conserve, c'est une production de l'esprit, une oeuvre culturelle.

Depuis le 10 août 1981, le prix du livre est régi par la Loi dite "Lang" sur le prix unique du livre.

Son prix est fixé par l'éditeur
et le commerçant (maison de la presse, libraire, grande surface, Internet) ne peut accorder que 5% de remise à son client (sur carte de fidélité ou immédiatement en caisse).

Il en résulte que, quel que soit l'endroit où vous vous trouvez en France, le prix d'un même livre sera identique.

C'est surtout une Loi d'exception culturelle (reprise par d'autres pays) qui favorise la diversité des titres, des genres, des auteurs et de la création en général, évitant la "loi de la jungle" sur le prix sur les best-sellers.

Si cette loi avait existé pour les disques et les DVD, les disquaires seraient encore en vie en France et l'on aurait évité l'uniformisation de l'offre que l'on connaît.

Aujourd'hui, la Loi Lang est menacée par des députés de la majorité parlementaire.

Si vous aimez les livres, la culture, les librairies et les libraires, je vous invite comme moi à signer cette pétition:

http://pourlelivre.wordpress.com/



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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 10:00

 

Quand vous descendrez la Nationale 86, prenez le temps de vous arrêter en Ardèche à Rochemaure (« Roche Noire » en bas latin), une petite cité située sur la rive droite du Rhône en face de Montélimar et à 5 km au nord du Teil.




 

Planté au sommet d’une cheminée volcanique, son château du XIIe siècle se visite encore, bien qu’en ruines. Pour découvrir une vue superbe sur la vallée du Rhône, partez du village en empruntant la route qui serpente au milieu des remparts. Si vous avez de bonnes chaussures, vous pouvez prendre les chemins de traverse qui coupent d’un lacet à un autre.

      

 


 

Chaque été se tient dans la cour du château un spectacle costumé qui vaut le détour. C’est un vrai plaisir d’emprunter cette route à pied et d’être accueilli, à la tombée de la nuit, par des comédiens costumés sortis d’une autre époque. En haut, le vent souffle fort et le fond de l’air est frais. Pour redescendre, il vaut mieux avoir sur soi une bonne lampe de poche car vous ne pourrez compter que sur les phares des voitures qui descendent et les cailloux sont parfois dangereux pour le marcheur.


 



A Rochemaure, vous pourrez aussi visiter la chapelle Notre Dame des Anges, de style gothique provençal, découvrir une borne militaire romaine et un carré magique.

 

S A T O R

A R E P O

T E N E T

O P E R A

R O T A S

 

Il a la particularité de se lire dans tous les sens en retrouvant toujours les cinq mêmes mots : SATOR – AREPO – TENET – OPERA – ROTAS. Trois types d’explications sont envisageables : l’explication chrétienne, ésotérique ou encore celle d’un simple jeu d’esprit.

 

Avant de reprendre la route, allez faire un tour du côté du vieux pont suspendu en fil de fer sur le Rhône. On ne l’emprunte plus depuis qu’en 1968 un camion chargé de 35 tonnes de ciment a traversé son tablier.

 

Et si vous croisez un ancien dans la région, demandez-lui qu’il vous parle de l’Eau de Rochemaure connue depuis les romains jusqu’en 1986 où un concurrent la racheta… pour fermer l’usine et récupérer des parts de marché.

 

 

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Published by Corso - dans Lieux
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