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"Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches." Charles Perrault

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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 06:06
 
 
A une époque où le « respect de la nature », l’ « écologie », le « bio » et le « développement durable » sont presque devenus des termes marketing incitant à la vente de tout ce que vous voudrez (alors que l’écologie devrait être un but et non un moyen), à l’heure où les enfants des citadins découvrent pour la première fois de leur vie des animaux au Salon de l’Agriculture de Paris, ce livre de Michel Ragon est celui de la fin d’un monde, celui des paysans modernes.
 
A travers le destin de Grégoire et d’Antoine, deux frères, fils de paysan, qui décident de rester à la campagne mais dans deux voies différentes, il nous décrit d’une manière implacable, très bien documentée mais jamais ennuyeuse, comment la technique a remplacé l’homme.
 
Avec la mécanisation des années 50, la terre française s’est dépeuplée et, perdant son influence sociale et électorale, le paysan d’aujourd’hui est tombé sous un nouveau servage : celui des banques, des bureaucrates européens mais aussi celui des diktats des grands trusts alimentaires.
 
Remembrement rural, engrais chimiques, bœufs aux hormones, fièvre aphteuse, vache folle, culture hors-sol, élevage intensif, batteries d’élevage, quotas laitiers, jachères, pénalités, agios, crédit agricole, vous comprendrez avec tristesse comment on en est arrivé à produire toujours plus pour gagner toujours moins.
 
A quand un grand roman qui parle, lui aussi, de la condition des marins-pêcheurs ?
 
 
 
Ce livre est édité aux éditions Le Livre de Poche au prix de 3,50 euros
Si vous ne le trouvez pas, commandez-le (sans frais supplémentaires) auprès de votre libraire (ISBN 9782253143659) qui vous fera aussi bénéficier de la Loi Lang sur le prix unique du livre (5% de remise immédiate en caisse ou sur carte de fidélité).
 
 
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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 23:30
 kipling2.jpg
C’est un des plus beaux poèmes qu’il m’ait été donné de lire ou d’entendre déclamé. Le réciter, l’ânonner d’un ton scolaire lui enlèverait toute sa puissance.

Rudyard Kipling (1865-1936) a déjà écrit « Le Livre de la jungle » et déjà reçu le Prix Nobel de littérature lorsqu’il publie ce poème en 1910.
 
Tout au long des 32 vers qui le composent, Rudyard s’adresse à son fils, John, sans jamais le nommer, utilisant seulement le « tu ». De l’utilisation de la deuxième personne du singulier naît la proximité et l’universalité. A travers sa plume, c’est la voix de chaque père s’adressant à son fils que l’on entend.
 
Ce poème, que n’aurait pas renié Gandhi, est une véritable profession de foi d’un adulte à un enfant. Tout en préservant l’innocence de l’enfance, il appelle à l’autonomie, la maturité en n’oubliant jamais que la droiture, la connaissance de soi et des autres doivent guider son chemin.
 
La version de la présente édition (bilingue) est de Jules Castier mais ce poème connut plusieurs traductions que l’on peut lire en suivant ce lien :
 
 
Personnellement, je préfère celle d’André Maurois datant de 1918 et que l’on attribue souvent par erreur à Paul Eluard. C’est la version de Maurois qu’a choisie Bernard Lavilliers pour l’interpréter en 1988 dans son album « If ».
 
L’édition Mille et une nuits est complétée par les lettres de Kipling, secrétaire d’Etat à la Guerre de 1914 à 1916, et de son fils envoyé sur le front français. Porté disparu en 1915, son corps ne sera jamais retrouvé. Tragédie de sa vie, Kipling écrira plus tard dans « La Prière commune » :
 
« S’ils veulent savoir pourquoi nous avons péri
Dites-leur : c’est parce que nos pères ont menti. »
 
 
 
Ce livre est encore édité aux éditions Mille et une nuits au prix de 2,5 euros.
Si vous ne le trouvez pas, commandez-le (sans frais supplémentaires) auprès de votre libraire (ISBN : 2-84205-322-X) qui vous fera aussi bénéficier de la Loi Lang sur le prix unique du livre (5% de remise immédiate en caisse ou sur carte de fidélité).
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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 00:17

guillaumin-vie-d-un-simple.jpg
Emile Guillaumin (1873-1951) était un agriculteur écrivain qui se définissait simplement comme « un travailleur manuel, sans culture première » et « un paysan homme de lettres ».
 
Né le 10 novembre 1873 à Ygrande, dans l’Allier, ses parents et grands-parents étaient agriculteurs. C’est grâce à sa mère qu’il sait lire et écrire. Il ne fait que cinq ans d’études dans l’école primaire de son village et obtient son certificat d’études primaires. A l’exception de ses trois années de service militaire et de la guerre de 1914-1918, il passera toute sa vie à Ygrande.
 
Dès 17 ans, il écrit ses premiers poèmes en patois bourbonnais. Ouvrier agricole à la ferme de son grand-père paternel, il consacre ses loisirs à la lecture et à l’écriture. Il publie des articles et des poèmes dans la presse locale mais c’est la lecture de « Jacquou le Croquant » d’Eugène Le Roy qui lui donne envie de rédiger son roman « La Vie d’un simple ». Publié aux éditions Stock en 1904, son livre est un véritable succès qui l’amène jusqu’aux portes du Prix Goncourt.
 
Malgré les sirènes de la renommée, il achète avec ses droits d’auteur trois hectares de prés et fait construire sa maison dans son village natal. Dès lors, il ne cessera de se consacrer à la culture : celle de la Terre et des Lettres. Il s’engage aussi dans le syndicalisme paysan et refuse à plusieurs reprises de se présenter aux élections ou d’adhérer à un parti politique. Maire d’Ygrande en 1940-1941, il démissionne pour ne pas avoir à collaborer avec le régime de Vichy.
 
Reconnu par le monde des Lettres, récompensé par de nombreux prix, décoré Chevalier de la Légion d’Honneur, il s’éteint là où il est né, le 27 septembre 1951. Sa demeure d’Ygrande est devenue un musée que l’on peut visiter et un buste a été érigé à sa mémoire.
 
 
« La Vie d’un simple » est un roman de la vie paysanne d’une province française dans la seconde moitié du XIXe siècle. A travers la vie du père Tiennon, Emile Guillaumin nous décrit le dur quotidien des métayers que les citadins et autres messieurs de Paris ne connaissent qu’à travers la littérature bourgeoise.
 
Au fil des pages, nous voyons Tiennon grandir avec les saisons, la nature et le travail. Cette existence, qui pourrait sembler bien monotone, est rythmée par les événements de la vie : mariages, naissances, tirage au sort pour le service militaire, foires et les sorties entre jeunes du village. On y croise aussi la mort et la vieillesse.
 
Vient le jour où Tiennon, devenu adulte, quitte l’exploitation familiale et fonde à son tour une famille. Il prend alors conscience du rapport de forces qui existe le métayer et son « maître ». Pour que cesse cette domination et la crasse ignorance dans laquelle on veut maintenir sa classe, il désire que son fils sache lire et écrire, et vive une existence moins dure que la sienne.
 
Véritable saga de la condition humaine, le roman d’Emile Guillaumin touche par sa justesse de ton. Jamais complaisant ou partisan, « La Vie d’un simple » est un roman profondément humain dans lequel chacun y trouvera une parcelle de son histoire.
 
 
Ce livre est encore édité au Livre de Poche au prix de 5 euros
Si vous ne le trouvez pas, commandez-le (sans frais supplémentaires) auprès de votre libraire (ISBN : 2-253-00999-7) qui vous fera aussi bénéficier de la Loi Lang sur le prix unique du livre (5% de remise immédiate en caisse ou sur carte de fidélité).
 
D’autres textes d’Emile Guillaumin sont publiés par l’imprimeur-éditeur Plein Chant (16120 Bassac). Envoi du catalogue général commenté & illustré sur simple demande.


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