Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Corso, chasseur de livres
  • Corso, chasseur de livres
  • : Les œuvres, livres, textes, films, lieux, oubliés, méconnus, remarquables ou rares.
  • Contact

© Textes et Images

Les  textes, articles et images de ce blog ne sont pas libres de droits.  Si vous désirez les utiliser ou les reproduire, merci de prendre contact avec moi.

Recherche

 

"Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches." Charles Perrault

Archives

23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 09:33

 

A ma Mère.

 

 

Coucou

si doux

qui nous

dis tout

 

Ton chant

aux champs

longtemps

roulant

 

Comme une

perle, une

des dunes

de lune

 

La même

qui sème

un thème

qu'on aime;

 

Coucou

dessous

si blonds

bourgeons,

 

Coucou

très doux:

dis nous,

dis tout!

 

 

Ste-Feyre, 23 avril 1940

 

Poème extrait de "La Chanson simple", Le Sol Clair éditeur, 1946.

Repost 0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 19:41

Ces êtres pleins de santé,

(Ceux-là qui passent sac au dos,

Qui marchent à pied, chantant,

Qui se reposent dans la paille).

 

Il faut que j'emplisse mon coeur

De tout leur jeune enthousiasme,

Il faut que j'emplisse mon âme

De leurs beaux francs regards sans peur.

 

Il faut que j'emplisse mes mains

De la chaude étreinte des leurs,

Il faut que j'emplisse mes yeux

De leurs visages sans fêlure.

 

Il faut que j'emplisse mes mains,

Mes yeux, et mon coeur et mon âme

Pour peupler tous les lendemains

Et toutes les nuits sans sommeil.

 

Montbrun, 23 Octobre 1940

(L'Accès au Temple)

 

Poème extrait de "Florilège Poétique Paul Bulliard", L'Amitié par le Livre, 1943.

Repost 0
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 08:00

"La nuit s'est presque tout écoulée en vain à l'attendre." (R.TAGORE)

 

J'entends des pas dans le couloir

Et j'attends qu'on frappe à ma porte.

Pour ne pas encor décevoir,

Toi qui passes, ouvre ma porte!

 

 

Ferme bien l'huis derrière toi

Si tu veux m'aimer tout, mon âme;

Comme il fait nuit... approche-toi.

Es-tu l'ami, es-tu la femme?

 

Hélas, personne n'est entré...

Je sens d'invisibles présences

Qui n'oseront jamais entrer,

Franchir ma porte d'espérance.

 

Tout près de moi dans le couloir

Je les entends parler affaires

Qu'est-ce que cela peut me faire?

Ils n'ont su que me décevoir.

 

Mon Dieu, j'entends l'heure qui sonne :

Ne viendra-t-il vraiment personne?

 

 

Saint-Jean-d'Aulph, 7-2-1939.

 

Poème extrait de "Chacun sa croix", 1940.

 

Repost 0
17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 14:54

 

Dans mon paquet de cigarettes de luxe

il a plongé ses doigts rugueux et noirs

de charbon de bois.

 

Les deux gros doigts ne pouvaient saisir,

habitués à rouler du tabac gris

et à travailler avec les autres doigts.

 

J'aurais voulu qu'il noircisse

tous les bouts blancs de cigarettes

et la blondeur de ce tabac bourgeois.

 

J'ai allumé ma cigarette chère

à son vieux briquet de cuivre

dont le pouce énorme de l'homme

tournait si bien la molette noircie

qu'on les aurait dit frère et soeur.

 

 

Le Bas-Thé, 12 avril 1939.


Poème extrait de "La Chanson simple", Le Sol Clair éditeur, juin 1946.

Repost 0
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 08:00

 

Or, le sang chaud coulait du flanc ouvert de l'homme,

Du flanc où le métal brillant des bistouris

Coupèrent l'os en l'opération qu'on nomme

La thoracoplastie, faite pour qu'il guérît.


Or, le sang chaud coulait , le sang de vie vermeil

Depuis douze longs jours et douze nuits obscures

Au long desquelles l'homme, -ô loin des calmes cures!-

Angoissé ne pouvait retrouver le sommeil.

 

Or le sang coulait rouge à son flanc lourd, sanglant,

Et la neige au dehors tombait comme un suaire

Dont la continuité, le silence obsédant

Des flocons blancs et purs faisaient lourds son calvaire.

 

Et dans un même rythme obstiné, solennel,

Une source de vie et l'autre de silence,

Une source d'angoisse, une d'indifférence,

D'un même battement fatal et éternel!

 

Et la bise au dehors, et le froid et le gel,

Communications sont presqu'interrompues,

Canalisations électriques rompues

Font du sanatorium un pathétique appel.

 

Cependant, calme et sûr de sa science habile

Et tout d'hygiène vêtu, le médecin

L'homme au blanc tablier, le visage serein

Gravement a lutté contre la mort hostile.

 

Les accumulateurs précieux ont donné

En nappe de clarté la magique lumière.

Bientôt l'Espoir renaît, la Vie peut entonner

Son hymne magnifique et sa victoire fière.

 

St-Jean d'Aulph, 23-12-1938.

 

Poème extrait de "La Chanson simple", Le Sol Clair éditeur, juin 1946.

Repost 0
31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 18:22

Publié en 1958, ce livre de Gilbert Cesbron (édition hors commerce réservée aux membres de la Guilde du Livre, Suisse) recueille sur 238 pages bon nombre d'aphorismes et pensées que n'aurait pas reniés Clemenceau.

"On s'aperçoit qu'on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres".

"Tous ces gens qui n'ont pas de talent, que deviendraient-ils s'il n'existait pas tous ces gens qui n'ont pas de goût?"

"Vendre sa firme à une firme étrangère, et mourir pour la patrie sont pareillement dans la tradition bourgeoise française".

"La malédiction des Riches est qu'ils ne connaîtront jamais ce qui n'a pas de prix".

"OPERA et OUVRIER viennent du même mot".

"Dans les villes, les gens en une seconde se détestent, en une seconde l'oublient. Dans les campagnes, ils mettent dix ans à construire une belle haine qui ne s'effacera de toute leur vie".



Repost 0
25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 22:57


La lecture du n°23 de mars 1938 de la brochure "Bibliothèque de Travail", sous la direction d'Alfred Carlier nous apprend des choses très intéressantes sur le métier de libraire:

Au XVIIe siècle, comme aux siècles précédents, les libraires, assimilés aux éditeurs actuels, forment, avec les imprimeurs et les relieurs, une seule et même corporation, sous le patronage de Saint-Jean-Porte-Latine.
 
Cependant, les libraires possèdent des statuts corporatifs spéciaux, réunis et publiés en 1678. Il faut accomplir un apprentissage de cinq ans et payer la somme de vingt-quatre livres pour être reçu libraire, ce qui ne peut se faire avant l’âge de vingt ans révolus. Toutefois, si le récipiendaire est le gendre d’un libraire ou d’un imprimeur en exercice, il est exonéré du paiement des vingt-quatre livres.
 
La mise en vente d’un livre non privilégié, c’est-à-dire non examiné par les autorités de l’Université, entraîne la confiscation de l’édition et une amende de 3000 livres. Le libraire ne peut être en même temps imprimeur, tandis que l’imprimeur a le droit d’être son propre libraire. Les privilèges sont les mêmes pour les deux corps de métier. En qualité de suppôt de l’Université, le port de l’épée leur est autorisé.
 

Repost 0
30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 06:06
 Cesbron.jpg
« La banlieue se meurt, la banlieue est morte sous nos yeux. On ne parle plus guère d’elle qu’à la rubrique des faits divers ou dans les bilans des promoteurs (…) Des sentinelles de béton encercleront quelques « réserves » naturelles, les forêts de Compiègne, de Chantilly, de Fontainebleau, lesquelles serviront de dimanche mais aussi de décharge aux gens de la ville. Nos petits-enfants diront si j’ai tort » écrivait Gilbert Cesbron dans le texte liminaire de « La ville couronnée d’épines » en 1974.
 
Né le 13 janvier 1913 à Paris et décédé en août 1979, cet ancien élève de l’Ecole des Sciences Politiques a été l’écrivain le plus lu de sa génération, à l’instar de Guy des Cars ou de Bernard Clavel dont il était l’ami.
 
Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique, ses romans sociaux se sont toujours attaqués à l’actualité : les prêtres ouvriers (Les saints vont en enfer, 1952), la jeunesse délinquante (Chiens perdus sans collier, 1954), l’euthanasie (Il est plus tard que tu ne le penses, 1958), la violence (Entre chiens et loups, 1962), la place de la femme dans la société (Une abeille contre la vitre, 1964), les enfants de divorcés (C’est Mozart qu’on assassine, 1966) ou encore la place des Africains dans la société française (Je suis mal dans ta peau, 1969).
 
Adapté plusieurs fois au cinéma, il était aussi devenu très célèbre avec sa pièce de théâtre « Il est minuit, docteur Schweitzer ».
 
Dans ce recueil de 15 nouvelles, Gilbert Cesbron s’attache à nous dépeindre avec tendresse des instants de la vie parfois douloureuse de ces banlieusards de toutes générations : Gérard prisonnier de son petit univers d’asphalte et de flippers qui, sur sa moto, se saoule de vitesse, Hervé le petit garçon de Fremigny qui fugue sur le chantier de l’autoroute en construction, la veuve Denis patronne de l’Escargot-d’Or, Maurice R. qui se trompe de gare de descente dans le brouillard et revit l'aventure du Grand Meaulnes ou encore les amoureux de l’hôpital de Garches.
 
« Adieu donc, enfants de mon cœur ! » concluait Gilbert Cesbron à la fin de ses romans, quittant à regret ses personnages. « Adieu donc, Gilbert Cesbron de mon cœur ! », ai-je envie de dire en hommage. Un jour viendra où tous tes livres seront enfin réédités en intégrale. Ce jour-là, les petits-enfants de tes premiers lecteurs découvriront comme tu savais sonder l’âme humaine et comme tu avais raison.
 
 
Repost 0
29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 06:06

L’été, c’est la traditionnelle saison des cahiers de vacances pour tous les enfants, « marronnier » des journalistes. Dans n’importe quel bled de France, ils révisent le Bescherelle et repoussent à plus tard les sempiternelles listes de « livres à lire pour la rentrée scolaire ». L’été passé, les sujets tombent comme les feuilles mortes, les gamins se ramassent à la pelle et les libraires s’arrachent les tifs devant la floraison précoce de titres O.G.M. (Ouvrages Gravement Modifiés).
 
En 2004, les éditions Mots Et Cie de Jean-Loup Chiflet ont publié « Antigone de la nouille (le retour) », une seconde mouture bouturée de « Antigone de la nouille » paru trois ans plus tôt, florilège de perles d’inculture récoltées en librairie. Toutes sont authentiques, naturelles, bio et sans conservateurs ! 
 
La Sphère d’autocar (pour Le Sceptre d’Ottokar, Hergé)
 
Liliane est au lycée (pour l’Iliade et l’Odyssée, Homère)
 
Les Fourberies d’escarpin (pour Les Fourberies de Scapin, Molière)
 
Thérèse Ramequin (pour Thérèse Raquin, Zola)
 
Je cherche les Annales de Dubac.
 
 
Antigone.jpg
Repost 0
4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 21:17
C--dric.jpg

Au début, il y a toujours une première lecture, un premier livre que l’on trimballe avec soi, dans sa tête ou ses cartons.
 
Celui-ci a vécu, comme sa couverture craquelée en témoigne !
 
Sous une couverture souple en couleurs, de format 18,5 cm x 25 cm, 16 pages, « Cédric parisien du bord de mer » est l’œuvre, textes et illustrations, d’Eliane Huyghes. Publié au 2ème trimestre 1976 par les éditions Egé (23, rue Chalopin, 69007 Lyon), n°67 de la collection « Nos Vertes Années », cet album était vraisemblablement une publication de presse car on remarque le logo MLP (Messageries Lyonnaises de Presse) en 4e de couverture.
 
Cédric est un petit parisien qui, tous les ans, vient en vacances chez son Pépé et sa Mémé, au bord de la mer. Mais ce petit-fils de marin a peur de la mer et des bateaux. Sa grand-mère, dont le chat trône toujours au sommet de l’armoire, décide de lui tricoter un pull de vrai marin. Il enfile le pull, un ciré jaune, des bottes, un bonnet et rejoint son grand-père sur le port. Là, un vieux pêcheur lui raconte tous les trésors de la mer et son grand-père lui révèle son secret. Il y a très longtemps, sur la plage, il a trouvé un très beau coquillage magique qui lui chante la mer à l’oreille. Cédric comprend alors que la mer est merveilleuse lorsqu’on la connaît bien et saute sur le bateau de son Pépé pour pêcher avec lui.
 
Ce livre, qui ne coûtait que 6 Francs à l’époque, a une valeur inestimable aujourd’hui, à mes yeux.

Repost 0