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"Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches." Charles Perrault

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 09:00

 

« Arizona Dream » d’Emir Kusturica m’avait bouleversé à sa sortie. Je découvrais qu’on pouvait écrire une histoire hors des sentiers battus, remplie d’émotions, portée par un jeu d’acteurs hors-norme et une musique onirique.

 

J’avais depuis longtemps l’envie d’écrire autre chose que des gags. La BD réaliste et « émotionnelle » dont Frank Pé (avec « Broussaille ») et Dieter (avec « Julien Boisvert ») étaient les meilleurs représentants, me touchait profondément. La BD émotionnelle est ce courant où le personnage principal évolue intérieurement au fil de ses aventures, ne sortant jamais indemne de son vécu. Presque la résilience si chère à Boris Cyrulnik… J’avais soumis mes premiers écrits à Dieter et Frank Giroud qui m’avaient gentiment lu et conseillé. Je me sentais prêt…

 

Jean-Jacques Fouillard m’avait fait découvrir l’Australie, pays que j’appréciais aussi à travers les musiques d’INXS et Midnight Oil. Je me lançais dans l’écriture de mon premier album de 46 planches : « Aborigine », premier volume d’un cycle de 3 albums. L’histoire était celle de Joe Bloke, un métis aborigène, conducteur de road-train, qui allait devoir trouver sa place, son camp dans la société moderne.

 

A grand renfort de publicité, les éditions Dargaud lançaient la deuxième édition de leur Prix du scénario avec le Festival BD Boum de Blois. J’envoyais mon dossier : un synopsis de 3 pages et le découpage des 3 premières planches.

 

Le jury était composé de scénaristes professionnels de BD : Jean Van Hamme, Serge Le Tendre, Jean-Pierre Autheman, Didier Convard, Dieter et Rodolphe. Le dossier était présenté de manière anonyme.

 

Le soir du 19 novembre, Franck Fernandez, de BD Boum me téléphona. J’étais le lauréat de concours de scénario.

 

Le vendredi 26 novembre, je prenais le train pour Blois et la remise des prix. Etudiant et sans un sou d’avance, mon grand-père m’avait donné de l’argent pour payer mon billet et mes frais. Le train était omnibus et s’arrêtait dans toutes les gares : 8 heures de voyage ! A une gare, je vis monter un dessinateur que je reconnus. A Saint-Pierre-des-Corps, j’osais l’accoster et je finis ainsi le reste du voyage avec Eric Stalner.

 

Je découvris Blois et son Château, ses vieilles rues, le froid et l’humidité du mois de novembre, Jack Lang dans un cocktail, dînais dans la grande salle de réception, buvais des bières dans les pubs avec les organisateurs très chaleureux. Eric Stalner n’était jamais bien loin, ayant compris que j’étais un peu perdu au milieu de toute la profession.

 

Le samedi 27 novembre eut lieu la remise des prix sur un podium dans le salon, en présence du directeur éditorial des éditions Dargaud. Je rencontrais aussi l’ancien lauréat dont l’album n’était jamais paru, le journaliste qui avait couvert Angoulême en 1992, Lesca et tant d’autres…

 

Dans la « Nouvelle République du Centre-Ouest » du 29 novembre 1993, Dieter déclara que parmi une centaine de textes reçus mon texte alliait l’avantage de « raconter un personnage vrai » à de « l’émotion contenue ».

 

Un communiqué AFP ayant été publié, lorsque je rentrais chez moi, tout le monde était au courant : j’allais publier un album chez Dargaud et toucher 20 000 Francs.

 

Je signais un contrat d’option sur mon scénario en janvier 1994, touchais 20 000 F d’à-valoir en mars 1994 et mon album ne sortit jamais. Dargaud ne me présenta aucun dessinateur et refusa ceux que je leur soumis. Je finis par retrouver mes droits sur le scénario à l’extinction du contrat en 1995.

 

Je ne suis revenu à Blois qu’en été 2007, comme simple touriste. Toute émotion était partie…

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 09:00

 

En cette dernière décennie du vingtième siècle, il en allait des fanzines et des concours BD comme des sites communautaires aujourd’hui. Les couples scénaristes/dessinateurs se formaient et se séparaient au gré des rencontres et des envies.

 

J’avais correspondu en 1991 avec Vang Ye, un jeune dessinateur stéphanois, et nous avions décidé de plancher sur le premier concours national de strips organisé par le Salon d’Angoulême pour 1992. Il fallait présenter un dossier avec une sélection de 20 strips en noir et blanc. Le travail se fit facilement, par courrier et téléphone, malgré la barrière de la langue et de la distance géographique.

 

Le Salon eut lieu du 23 au 26 janvier 1992 sans qu’on nous contacte. Nous avions abandonné tout espoir de prix. Ce n’est que le lundi que mon téléphone sonna. Un journaliste m’apprit que nous avions remporté le concours national de strips ! Nos strips avaient fait l’objet d’une exposition et d’une affiche à Angoulême et on devait nous remettre un trophée (prévu dans le règlement du concours). Renseignements pris auprès d’Angoulême, c’était le grand cafouillage… Un coup il y avait bien un trophée qu’on devait nous envoyer, un coup il avait été remis au 2e de concours comme nous n’étions pas là et un coup il n’y avait pas de trophée !

 

Nos strips furent exposés du 23 mars au 17 avril 1992 au Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale à Paris. Ils furent publiés durant 3 mois quotidiennement dans plusieurs grands quotidiens régionaux (La Charente Libre, La République des Pyrénées, L’Eclair Pyrénées…) et nous permirent de gagner 15 000 F. Ces strips nous ouvrirent la porte de nombreux fanzines.

 

Nous n’avons jamais su ce qu’était devenu notre trophée. Des années plus tard, lors des 30 ans des éditions Glénat à Grenoble, j’ai rencontré Eric Dérian, malchanceux participant à ce concours avec son Lapin Turalo. Avec beaucoup d’humour, il m’a avoué avoir longtemps maudit ses lauréats…

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 09:00

 

La ligne éditoriale du fanzine Bedextra ne nous convenait plus. Nous voulions casser les codes établis, faire autre chose. Alfred et moi avons donc décidé de créer notre propre fanzine. Un graffiti sur un mur de mon lycée m’avait inspiré le nom de « Scalp ! » (avec un point d’exclamation) qui n’avait aucun rapport avec la BD mais sonnait bien !

 

Nous avions comme matériel plusieurs planches de jeunes auteurs rencontrés au gré des salons et festivals BD, nos propres productions, des interviews d’auteurs professionnels en réserve et le culot de frapper aux portes des professionnels. Scalp ! prenait forme…

 

Alfred en dessina le premier logo. Nous passions des nuits blanches à modifier la maquette, taper les textes sur ma machine à écrire portable, couper, découper, coller, photocopier, trouver le bon grammage de papier couché pour la couverture, débloquer les bourrages papier et changer le toner de la photocopieuse, agrafer à l’envers un à un tous les exemplaires du fanzine et replier les agrafes à la main ! Scalp n°1 fut terminé dans la joie et la fatigue au petit matin du samedi 19 octobre 1991 au théâtre 145 de Grenoble. Après quelques heures de sommeil, nous montions dans la voiture de Fouillard (avec son chien Thorgal qui tenait toute la place d'Alfred à l'arrière) pour Chambéry et son Festival International de la BD à SavoiExpo.

 

Scalp!

 

 Au sommaire de Scalp ! n°1 :

Couverture inédite de Christian Binet avec ses Bidochon scalpés

Edito de Serge Papagalli

3 planches de Georges Crisci

Interview de Raoul Cauvin (5 pages) par l’ex-équipe de Bedextra

2 planches de Vang Ye et Hocine Soltane : « Vandalisme »

OVNI (Onomatopées Vignettes News Indiscrétions), rubrique de 2 pages par Cibi

1 page vierge pour la dédicace en salon

Billet d’humeur de Numa Sadoul : « Caméléon »

4 planches de R.G.B. : « Traucum Mortalis 2 »

Interview de Christian Binet (3 pages) par Papagalli & Cibi

2 demi-planches de Fouillard

4 planches de Derynck : « Bavure »

NAS’A (Nouveautés A S’Acheter), rubrique de 2 pages par Cibi

Les sons de l’été, rubrique musique d’Olivier D.

2 planches de Charvet : « P.O.U.A.H. »

3 planches de Maxime : « Basket Barbare »

Interview de Zep (2 pages) par Maxime

3 strips de Vang Ye et Cibi

NAPALM (Nouveautés A Paraître A La Minute), rubrique d’une page par Cibi

1 planche de Fouillard et Cibi : « Martin Duflair »

L’Ours

Couverture inédite de Zep en dernière page tête-bêche

… ainsi qu’un supplément sur papier bleu, format A5 encarté : « Tout ce qu’il faut savoir sur Scalp ! ».

 

Je me rappelle que nous avions très bien vendu ce premier numéro tiré à une centaine d’exemplaires photocopiés et que les dédicaces en page 16 étaient nombreuses. Alfred faisait un dessin et je complétais par une bulle humoristique écrite sur le vif. Si un collectionneur fou en possédait un exemplaire, entre ses mains moites et fébriles, je serais curieux d’en avoir un scan !

 

Le festival se déroula très bien pour nous : Michel Plessix et Dieter nous accordèrent une interview, tout comme Frank Giroud et Lax. Nous répartîmes chez nous avec une pile assez conséquente de BD (38,5 cm de hauteur, on a mesuré !), de nombreuses dédicaces dont celle du regretté Bob de Moor et des souvenirs plein la tête…

 

 

Scalp-2.jpg

 

Couverture de Scalp! n°2 (dernier numéro paru en 1992).

 

Scalp-2verso.jpg

 

4e de couverture de Scalp! n°2


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 09:00

 

Dedicace-Alfred.jpg


Celui qui ne s’appelait pas encore Alfred était venu au 2e Salon Européen de la BD de Grenoble et avait présenté ses planches au prozine « Bulles Dingues » qui me les avait transmises pour Bedextra. A 15 ans, il avait déjà un sacré coup de crayon et une production conséquente derrière lui.

 

Nous habitions à une trentaine de kilomètres l’un de l’autre. Je lui avais écrit et, un soir de mars 1991, je me revois encore tirer le vieux téléphone gris à cadran jusqu’à la table de la cuisine pour lui téléphoner. Ne vivant que pour notre passion de la BD, nous nous sommes tout de suite très bien entendu et sommes vite devenus inséparables. On se voyait plusieurs fois par semaine à Grenoble ou à Voiron, on s’écrivait et on se téléphonait longuement si bien que ses parents avaient été obligés d’installer le signal d’appel sur leur ligne pour recevoir leurs appels (pardon Serge et Christiane) !

 

Je travaillais déjà dans un magasin dont je m’occupais du rayon BD et lui était encore collégien. Il avait déjà ce potentiel et cette fougue auxquels j’ai toujours cru contre l’avis de certains « professionnels » de l’époque. Une de ses premières « commandes » fut un dessin pour illustrer les tarifs d’un présentoir de cartes postales. Le magasin a depuis fermé mais j’ai toujours gardé ce petit bout de carton…

 

Nous fréquentions assidûment les librairies BD, bouquinistes et brocantes de notre région à la recherche des trésors qui manquaient à nos collections. Quand la faim se faisait sentir, on s’arrêterait alors au Quick de la Place Grenette, décoré de reproductions BD, pour commander des Giants et discuter longuement et passionnément.

 

Entre deux rigolades, on parlait BD. Nous étions dans une quête d’assimilation du monde de la BD dans tout son ensemble. Notre regard critique ne s’arrêtait pas à décortiquer les albums publiés, scénario et dessin compris, mais à comprendre les écoles, les filiations et l’évolution du médium BD. On imaginait des concepts de construction, de narration et on se projetait souvent dans l’avenir. Publier chez Delcourt était déjà un de ses plus chers désirs. J’avais créé un personnage du nom d’Alfred J.Guers que j’animais dans de courtes nouvelles humoristiques sous le pseudonyme de Cibi. Ce prénom lui plaisait beaucoup. Ce n’est qu’en 2004 que j’ai découvert qu’inconsciemment j’avais utilisé le prénom de mon arrière-grand-père.

 

Je disais à Alfred qu’un jour j’écrirais sa biographie, promesse que je tiens aujourd’hui avec cette chronique nostalgique…

 

Parmi les nombreuses planches que nous avons créées ensemble, publiées ou non, je retiens surtout le personnage d’Yvand (dont le nom est la contraction de YVes ChalAND) où Alfred pouvait exprimer sa sensibilité, dans des strips entre rire et larmes.

 

C'est en 1995, dans le n°7 du fanzine BOF?!, qu'il signa pour la première fois du nom d'Alfred une BD de 22 planches sur un de mes scénarios, PCV pour l'enfer.

 

PCV.jpg

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 09:00

 

En 1989, Pierre Pascal qui a quitté la direction du Salon International de la BD d’Angoulême, crée le 1er Salon Européen de la BD de Grenoble qui se tient à Alpexpo du 16 au 19 mars. C’est un événement national et Angoulême tremble devant les panneaux publicitaires achetés jusque devant ses portes. A Grenoble seront présents tous les grands auteurs français, belges, européens et même internationaux avec Alan Moore et Katsuhiro Otomo.

 

Ayant été primé 15e au concours scolaire (13-16 ans) avec 2 planches de scénario pour Jean-Pierre Boutherin, je me vois convoqué par l’administration de mon collège… pour recevoir un lot d’albums Dupuis et Glénat ainsi que les remerciements de l’établissement ! Entré en contact avec les organisateurs du Salon, je reçois de nombreux rouleaux d’affiches et je parcours tous les commerçants de la ville pour placarder les belles affiches d’Hugo Pratt, Lewis Trondheim, Tranchand et autres dessinateurs annonçant l’événement.

 

C’est bien de coller des affiches, de faire dédicacer ses albums préférés par les auteurs Dupuis venus en masse mais j’ai envie de m’impliquer un peu plus…

 

Tout juste lycéen, je fais sauter les cours du jeudi 29 mars au dimanche 1er avril 1990 pour tenir le stand du fanzine Bedextra sur le 2e Salon Européen de la BD de Grenoble.

Les fanzines sont relégués au fond d’Alpexpo mais nous avons un badge d’exposants qui, non sans fierté, nous permet d’accéder aux moindres recoins professionnels du Salon.

Je découvre le calvaire de me lever tôt le matin mais aussi la joie de monter et de tenir un stand de A à Z. Les ventes ne sont pas mirobolantes : quelques exemplaires du fanzine Bedextra et quelques recueils de gags de « Martin Duflair » avec Fouillard estampillés « Bedextra Productions ». Mais qu’importe ! On a beau manger des sandwiches, on est au cœur de l’événement. On rencontre d’autres fanzines, d’autres dessinateurs amateurs et on fait notre première télé !

 

Raoul Cauvin, avec qui j’avais pris contact par courrier avant le Salon, passe nous voir sur notre petit stand. Un bel exemple d’humilité et de respect de son public pour le très grand scénariste qu’il est déjà. Il nous accordera une passionnante interview au cœur des locaux du stand Dupuis, ne se privant pas de dessins et de dédicaces pour notre plus grand plaisir. Nous y rencontrerons aussi Frank Pé dont le talent explose avec le tome 3 de sa série Broussaille : « La Nuit du Chat ». Il nous accordera lui aussi une interview et nous réalisera une superbe couverture dont il nous offre l’original. Nous aurons aussi la chance de rencontrer le grand Bob de Moor pour une courte interview restée à ce jour inédite.

 

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 12:00

 

En septembre 1989 parut le premier numéro de « Bedextra » sous-titré « Le fanzine de ceux qui aiment la B.D. ». Composé de 16 pages photocopiées en noir & blanc, format A5, il était vendu 10 Francs et tiré à une cinquantaine d’exemplaires.

 

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Pierre Charvet s’occupait de la ligne éditoriale, très influencée par Gotlib, de tous les dessins et BD ainsi que de la fabrication. Sous le pseudonyme de Cibi, je réalisais 6 planches de scénarios pour Charvet, rédigeais les rubriques « Que font les correcteurs ? » et « Indices Crayons ou les indiscrétions de la B.D. » tapées à la machine à écrire ainsi que, déjà, la distribution du fanzine en librairie. Habitant dans deux départements différents, toute la création du fanzine se réalisait entre nous par téléphone ou photocopies envoyées par courrier.

 

Bedextra2.jpg


Le n°2 parut en décembre 1989 augmenté de 4 pages. J’y réalisais les mêmes rubriques, plus un dossier hommage à Jean-Michel Charlier de 5 pages, ainsi que 3 pages ½ de scénarios, pour Charvet et Fouillard, nouvel arrivant.

 

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Le n°3 estampillé « avril 1990 » parut en fait pour le 2e Salon Européen de la BD de Grenoble où nous avions un stand dans l’espace fanzines, du 29 mars au 1er avril 1990. Sous-titré « à lire sans modération » le fanzine faisait désormais 24 pages et affichait une interview exclusive d’Henri Vernes, créateur de Bob Morane. Janry, dessinateur de Spirou, nous avait aussi accordé une mini interview. En plus des rubriques habituelles, je réalisais les 3 pages d’interview par correspondance avec Henri Vernes et 7 pages ½ de scénarios pour Charvet, Fouillard et Maxime.

 

Notre présence au Salon de la BD de Grenoble nous avait permis de rencontrer et d’interviewer de nombreux auteurs de BD : Frank Pé, Raoul Cauvin, Bob de Moor… Maintenant sous-titré « Le fanzine plus mieux bien », Bedextra n°4 faisait 32 pages et arborait une superbe couverture de chat réalisée spécialement pour nous par Frank Pé.

 

Bedextra4.jpg

 

Ce dernier numéro est aujourd’hui le plus recherché car on y trouve une des premières interviews de Zep ainsi que « La bouée gonflable à long cou », les 2 premières planches d’un jeune auteur de 16 ans plus connu aujourd’hui sous le nom d’Alfred.

 

En plus des rubriques habituelles, je réalisais l’interview de 3 pages de Frank Pé avec l’équipe de Bedextra, ainsi que « D.C.A. 1990 », je trouvais le nom du supplément « Tapage Nocturne » et écrivais 3 pages de scénarios pour Maxime et Fouillard.

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 12:00

 

En juin 1988, l’association « Montauban sur BD » organisait un concours national de BD sur le thème imposé « 92 11 81 66 ». Sous le pseudonyme de Cibi, avec Pierre Charvet, nous avions présenté un gag en une planche dont le personnage principal était un pompier. A cette époque, Raoul Cauvin scénarisait plusieurs corps de métiers, sauf les pompiers. En cela, nous devancions de 3 ans Sergio Aragonès et ses « Piépons » et de 15 ans les « Pompiers » de Stédo et Cazenove !

 

Le 2ème Prix de la catégorie « 12 à 16 ans » nous fut décerné. Les 2000 Francs de récompense nous passèrent sous le nez mais nous fûmes publiés dans le recueil des lauréats. Pour la petite anecdote, le 1er Prix était Romain Dutreix, aujourd’hui auteur chez Fluide Glacial.

 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 12:00

La découverte des séries des éditions Dupuis à travers Spirou Magazine fut pour moi le début de ma passion pour les nombreuses séries humoristiques de Raoul Cauvin. C’est la lecture de ses « Tuniques Bleues » qui m’a donné envie d’écrire des BD. Ma première création, scénario et dessin, s’appelait d’ailleurs …« Cow-Boy » ! Un feutre rouge me servait à colorier le sang qui coulait dans les scènes de batailles. Ne restent que les souvenirs car je n’ai pas gardé ces quelques planches.

 

Je savais déjà taper à la machine depuis l’âge de onze ans (avec deux doigts comme les fonctionnaires et les policiers). A treize ans, mon grand-père m’offrit pour Noël une machine à écrire portable Olympia à ruban encreur rouge et noir. J’écrivais des mini romans dans la lignée de mes lectures de la Bibliothèque Rose et Verte. C’est certainement avec cette machine que j’ai envoyé une lettre à la rubrique « Cher Spirou… » de mon hebdomadaire préféré en 1987 pour trouver des dessinateurs amateurs. Ils s’appelaient Bruno Scheurer, Jean-Jacques Fouillard et Pierre Charvet…

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 12:00

 

Quand j’avais une dizaine d’années, un bouquiniste a ouvert ses portes dans ma ville. Nous en avions été informés par une annonce ou un tract publicitaire. Accompagné de ma grand-mère, nous lui avions amené de pleins sacs de livres et de revues pour la jeunesse qu’il nous avait achetés. Vingt-cinq ans plus tard, je ne sais plus si je lui ai plus vendu ou acheté des livres ! Mais je pense qu’il est comme moi assez fier de savoir qu’un enfant entré dans sa boutique soit devenu adulte libraire. Grâce à lui qui n’a rien changé à sa boutique et à sa philosophie, je peux toujours pousser la porte de son magasin et retourner en enfance !

 

Les antres des bouquinistes sont depuis ce jour, comme les librairies, des lieux de tentations et de perdition pour moi. Je me rappelle très bien le jour où le bouquiniste mit en vente un lot de Spirou magazines. Ils trônaient sur les marches en bois de son escalier intérieur, en nombreux paquets ficelés par des cordelettes. Il y avait bien plusieurs centaines de Spirou. J’ai payé en plusieurs fois et que j’ai fait plusieurs voyages à pied pour tout emporter ! 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 20:39

 

Bien souvent, les lecteurs devenus adultes oublient l’enfant lecteur qu’ils étaient. Ils portent parfois un regard honteux ou condescendant sur ce qui les passionnait alors…

 

Je garde un très vif souvenir des albums qui sont à l’origine de ma passion pour la BD. Au fond du cagibi de mes grands-parents s’entassaient quelques BD usées jusqu’à la corde de la reliure à force d’être lues et relues, passées entre les mains de plusieurs générations de lecteurs. A cette époque, les albums n’étaient pas encore un objet de collection mais un moment de bonheur. On se souciait bien peu de leur conservation et de leur état tant que le plaisir était là.

 

Parmi ces albums, il y avait deux Tintin : « Le Lotus Bleu » et « Le Crabe aux Pinces d’or ». Dès lors, je n’eus cesse de suivre les aventures de Tintin et de compléter ma collection. Chaque album était une récompense qu’on m’offrait. Je me rappelle encore de cette petite librairie aujourd’hui disparue : assez sombre et avec son vieux plancher de bois. Mais en mars 1983, Hergé disparut et, du haut de mes dix ans, je vécus l’annonce télévisuelle de sa mort comme un drame en me cachant dans ma chambre pour pleurer.

 

Je me rappelle aussi des « Pieds Nickelés » de Pellos, albums bicolores souples de la S.P.E. dont le prix était marqué en Francs sur la couverture. Un jour, j’ai découpé les cases d’une de leurs aventures pour en composer une autre tant ces personnages me plaisaient. Sans le savoir, je m’initiais au découpage…

 

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